Plaque de la rue ADANSON

Michel ADANSON

 (1727 - 1806)

Naturaliste, Botaniste

portrait Adanson se définissait lui-même comme "le seul homme de lettres en même temps botaniste, physicien et naturaliste, membre des deux Académies les plus célèbres de l'Europe"…  (celles de Paris et Londres).
Avant-propos de son ouvrage "Mémoires d'Adanson sur le Sénégal et l'Ile de Gorée" (1763)  présenté et publié par C. Becker & V. Martin - CNRS.

Sa maison natale

ADANSON, dont le père était écuyer de Monseigneur de Vintimille, naquit à Aix le 7 avril 1727 dans cette maison à deux pas de l’Archevêché, à l'angle de la rue qui s'appelait alors rue Esquicho-Mousquo (littéralement, rue Serre-Mouche), à cause de son étroitesse. La rue, élargie, ne méritait déjà plus en 1727 ce nom ridicule, selon Roux-Alphéran, et prit le nom de  rue Adanson, en juin l840, (D.1 du 29.05.1840 - art.82). Une  plaque est apposée sur la façade.


maison













AM


La famille de Michel ADANSON, d'après ce qu'on en connaît à Aix :

D'après l'acte de mariage de ses parents, paroisse Ste-Madeleine, le 4 juillet 1717,  Léger ADANSON était natif de Villejacques, hameau de Saint-Bonnet-près-Orcival, diocèse de Clermont en Auvergne (aujourd'hui Puy-de-Dôme), comme l'était son père Jacques ADANSON.

Les ADANSON avaient-ils une origine écossaise ?

C'est ce qu'a affirmé Roux-Alphéran  (et recopié nombre de biographes), mais rien ne l'a prouvé. D'autant qu'une autre source soutient avoir trouvé des ADANSON (ou ANDANSON) jusqu'aux années 1500 en Auvergne.
(communication de  J.P. NICOLAS au 88 ème Congrès des Sociétés Savantes à Clermont-Ferrand en 1963) d'après A. Bailly)
AN
                    
 
arbre



En 1729, toute la famille quitta Aix à la suite de Monseigneur de Vintimille qui venait d'être nommé Archevêque de Paris. Le jeune homme, très tôt promis à une carrière ecclésiastique, fit des études brillantes, tant en sciences qu'en lettres classiques (grec et latin).
En 1741
, il suivit les cours de physique, chimie et botanique du Jardin des Plantes et du Collège Royal et rencontra Réaumur 
et les frères Bernard et Antoine Jussieu.



Son séjour au Sénégal

carte.
A la mort de Monseigneur de Vintimille, en 1746, Michel Adanson, qui avait renoncé au clergé et souhaitait travailler pour ne pas être à charge de sa famille, trouva un emploi très modeste à la Compagnie des Indes qui l’expédia au Sénégal en 1749 (à l’âge de 22 ans) avec pour mission d’en répertorier les ressources.

Il ne fut pas très bien accueilli par la communauté française en place qui méprisait son travail, et de son côté il désapprouvait profondément l'oisiveté et la vanité des coloniaux.
Entre 1746 et 1750, il sillonna le pays, étudiant la flore mais aussi la faune, dressant des cartes du fleuve Sénégal (qu'il appelait Niger) et de son embouchure.

Il s'écarta délibérément des endroits civilisés, vivant avec les indigènes avec lesquels il s'entendait plutôt bien ayant appris leur langue, le ouolof. 

De l'étude de cette langue découlèrent des conséquences inattendues :
 - l'institution d'une orthographe toute phonétique qu'il appliquera  désormais toute sa vie,
- l'appellation des nouvelles plantes avec des noms locaux ou même  avec un assemblage de syllabes "au hasard" (au lieu du sacro-saint latin), comme kalanchoe, karnongdam, schundapana...

Il visita l'Ile de Gorée dont il traça une carte précise et étudia tous les aspects de la vie de ses habitants y compris le commerce des esclaves, florissant à cette époque. Aujourd'hui, le Sénégal est intéressé par les travaux d'ADANSON, témoignage précieux de son patrimoine culturel.

Il réunit ainsi une somme prodigieuse d'informations :

- en botanique, il décrivit le baobab, appelé depuis Adansonia digitata, qui est l'emblème du Sénégal. Son herbier général,  conservé au Muséum d'Histoire Naturelle compte  plus de trente mille plantes.
- en ichtyologie  (étude des poissons), il étudia tous les poissons des côtes sénégalaises, constituant la première collection de poissons entrée au Cabinet du Roi.
- en malacologie  (étude des coquillages), il constitua une collection exceptionnelle et ses travaux sont toujours reconnus de nos jours.

ouvrage

De retour en France, en 1753, il fut nommé botaniste royal par Louis XV. Il publia de nombreuses communications à l'Académie des Sciences (dont la description du baobab), collabora au Supplément de l'Encyclopédie de Diderot, et surtout forma le projet de réaliser sa propre Encyclopédie.


1757    Parution de son "Histoire naturelle du Sénégal" suivie d'un "Mémoire sur les Coquillages"

1759    Membre de l'Académie des Sciences

1761    Membre de la Royal Society of London

1763    Parution de son ouvrage "Familles des Plantes"
                   
1775    Naissance de sa fille Aglaé, à Paris.





1775-1806 Les années difficiles :

- son projet d'Encyclopédie fut refusé par les membres de la Commission de l'Académie des Sciences, en 1775.

- la Révolution supprima toutes les rentes royales, le laissant sans ressources.

- la chaire de botanique au Muséum d'Histoire Naturelle qu'il aurait souhaitée fut attribuée à Lamarck.


Son projet d'Encyclopédie

Adanson n'avait pas trente ans lorsqu'il conçut le projet de réaliser un ouvrage encyclopédique. Vingt ans plus tard il en présenta l'ébauche aux membres de l'Académie des Sciences. 

Ceux-ci découvrirent un travail d'une valeur inestimable mais ils constatèrent que, au lieu d'avoir la sagesse de s'en tenir à sa spécialité avec une Encyclopédie des Sciences, Adanson tenait absolument à une Encyclopédie Universelle des Sciences abordant tous les sujets, en les englobant dans une vision philosophique personnelle du  monde vivant.
Ils constatèrent aussi, et surtout, qu'il n'y avait aucune équipe autour d'Adanson pour mener à bien ce travail gigantesque.

Concluant que l'entreprise était irréalisable pour un homme seul, ils émirent un avis défavorable, le  4 mars 1775.

Adanson s'obstina dans son projet, et sans aide et sans moyens, il consacra  trente années de sa vie à rassembler des documents et rédiger de nouveaux articles. S'isolant de plus en plus, indifférent aux nouvelles avancées de la science, il négligea de mettre à jour ses notes anciennes et en définitive c'est tout son travail qui se dévalorisa, quand il ne fut pas pillé par d'autres.

Malgré son travail acharné, jusqu'à l'épuisement même, son Encyclopédie ne vit jamais le jour, alors qu'entre temps d'autres dictionnaires scientifiques ou encyclopédies furent édités.


Il fut nommé Chevalier de la Légion d'Honneur le 18 décembre 1803 et décéda à Paris le 3 août 1806.
Son éloge fut prononcé par Cuvier.


Sources :
- AD Aix, Bibliothèque Méjanes à Aix - CDRom AG13 -

- Bibliothèque Nationale (Internet, site "Gallica") - Internet
-
Ouvrage : "Défricheurs d'Inconnu" de A. Bailly           
Réalisation : Michèle RENOUX - AG13 Antenne d'Aix - 2007

Activités de l'antenne aixoise de l'AG.13


poster

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