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Jacques, Esprit-Antoine et Barthélémy  GIBELIN





arbreC'est probablement pour honorer le Docteur Jacques GIBELIN qui a tant œuvré pour la ville d'Aix que son nom a été attribué, fin 1894, à la rue de la Croix-Jaune et à son prolongement la rue Saint-Antoine dans le quartier St-Sauveur, mais l'absence de prénom dans la dénomination nous permet d'évoquer également ses deux frères, Esprit Antoine et Barthélémy, qui ont aussi participé à la vie de la cité.

 de JUBELIN à GIBELIN
A l'origine, le patronyme de la famille était JUBELIN. Une nouvelle orthographe apparut avec leur installation à Aix vers 1708 (avec des variantes GIBELLIN, GIBLIN, etc..) remplaçant peu à peu JUBELIN, et qui finit par être légalisée en GIBELIN en 1784 sur la demande officielle de Michel JUBELIN, Avocat, Maître de la Poste d'Aix et du Pin.

            

acte naissance


Jacques GIBELIN  

(1744-1828) 

Docteur en médecine puis bibliothécaire de la ville d'Aix

portrait





Il naît à Aix le 16 septembre 1744

"L'excellent Docteur Gibelin"
comme l'appelait Roux-Alphéran ("les rues d'Aix") fut à l'origine

- de l'ouverture de la Bibliothèque Méjanes,
- et de la création de l'Académie d'Aix.

Etabli à Paris pour ses études de Médecine, il séjourna en Angleterre où il fut reçu membre de la Société médicale de Londres.
A ce titre, et compte tenu de sa connaissance parfaite de l'anglais et de l'italien, il publia de nombreuses traductions, notamment l'énorme "Abrégé des Transactions Philosophiques" (14 volumes) destiné à faire connaître en France les travaux de l'illustre Société de Londres. Son travail rapide est très apprécié des savants avec lesquels il collabora en permettant ainsi de publier les traductions quasi simultanément avec l'œuvre dans sa langue d'origine.

En 1786, il revint en Provence, comme Sous-Bibliothécaire de la ville d'Aix, sous les ordres de l'Abbé Rive (1730-1791) qu'il finira par remplacer comme Bibliothécaire en chef en 1793.

Sa tâche essentielle, rendre accessible au public les livres du legs du Marquis de Méjanes. Il y consacra plus de vingt années de sa vie. La Bibliothèque ouvrira enfin en 1810.

livre anglaislivre italien



Cousinage avec le Marquis de Méjanes ! Cinq générations plus tôt, Jean Baptiste Marie de PIQUET, Marquis de MEJANES et Jacques GIBELIN (et ses frères), eurent des ancêtres communs, à La Roque d'Anthéron : Louis DAUBERGUE et Antoinette MICHEL


méjanesLa collection "Méjanes"

Bibliophile passionné, Jean Baptiste Marie de Piquet, marquis de Méjanes (1729-1786), avait légué sa collection aux Etats de Provence (testament du 26 mai 1786) "sous la condition d'en tenir une bibliothèque ouverte en la ville d'Aix pour l'avantage du public auquel elle sera destinée".

L'abbé Jean Joseph RIVE (1730-1791) mais surtout le Dr Jacques GIBELIN, s'attelèrent à la tâche :

- faire venir d'Arles où ils se trouvaient les quelque 80.000 ouvrages (mise en caisses, transport, déchargement et entreposage),
- récupérer et rassembler les livres qui avaient été dispersés en d'autres lieux,
- et sans relâche : trier, estampiller, dresser un inventaire détaillé, et ranger, pendant une vingtaine d'années, jusqu'à l'ouverture au public en 1810.

Sans énumérer les nombreuses péripéties qui jalonnèrent cette entreprise, il faut rendre grâce au dévouement de Jacques GIBELIN qui protégea avec courage le trésor qui lui avait été confié, des exactions et pillages des révolutionnaires. Il déjoua aussi les manœuvres du Département qui voulait récupérer la collection et l'amener à Marseille.

Entre temps, il participa aussi à la vie aixoise :  

-  il siègea au "Jury Central d'Instruction",
- il prit part à la création de l'Ecole Centrale d'Aix (établissement d'études secondaires départemental qui par la suite partira à Marseille)
- et en 1808 il fonda l'Académie d'Aix .

Fondation de l'Académie d'Aix

Le 30 janvier 1808, Jacques GIBELIN réunit les premiers membres (une centaine) d'une nouvelle association, dont il est aussitôt élu secrétaire perpétuel : "la Société des Amis des Sciences, des Lettres, de l'Agriculture et des Arts de la ville d'Aix",  afin d'encourager et développer les études et travaux se rapportant à ces disciplines. 

Elle prendra beaucoup plus tard (en 1829) le nom d'"Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles Lettres d'Aix", ou plus familièrement : Académie d'Aix. Son siège actuel est à l'hôtel Arbaud, rue du Quatre-Septembre à Aix en Provence.


Il décèda à Aix, le 2 février 1828.

Marié deux fois, il n'eut pas de descendance.
 . Première union : avec Marguerite Thérèse BRUN DUCLOS, à Aix, paroisse du St-Esprit, le 24 juin 1777 - il fut veuf le 24 floréal an XI (14 mai 1803),

 . Deuxième union : avec Julie DUPILHON, à Aix, le 25 avril 1808.

   

Esprit Antoine GIBELIN  (1739-1813) dit Gibelin Aîné,

 Peintre d'histoire                              


saignée
Il fut baptisé à Aix (paroisse de la Magdeleine)  le 17 Août 1739 (AD)

Après avoir étudié le dessin et la peinture à Aix puis à Marseille, il passa dix années à Rome (1759-1769) où s'épanouit son goût pour l'Antiquité.  Il s'installa à Paris et peignit des fresques, des scènes de la mythologie, de l'histoire romaine, ou des allégories :

En 1789, il se maria et revint à Aix où il prit part très activement à la vie publique :
               
 -  il adhéra à la Sté des Amis de la Constitution, avec ses deux frères, en faveur des idées progressistes

- il fut Capitaine de la Compagnie n° 10 de la Milice Citoyenne,

dugommier- en 1790,  il fit partie des officiers municipaux sous le mandat de Maire de son cousin Emeric-David,

- il adhéra au Club des "Antipolitiques", toujours avec ses deux frères, (contrairement à ce que le nom laisse à penser, c'était très politique)

- sous la Terreur, il fit partie du Comité de Surveillance de la commune d'Aix puis en fut écarté par  "l'épuration" après la chute de Robespierre.

- Président de la Société des Antipolitiques, il prononça en 1795, l'éloge du Général Dugommier .

En 1795, il retourna à Paris où il repreit son activité artistique, tout en assumant des fonctions officielles.

Il se retira à Aix en 1803, participa à la création de l' Académie d'Aix  en 1808 et décèda, alors qu'il en était le Président, le 23 décembre 1813.

De son mariage en juillet 1789 à Paris, avec une turinoise Marguerite Vagliengo  il aura un fils : Esprit Michel Toussaint Sextius GIBELIN, né à Aix le 11 novembre 1791, d'où descendance.



           
Barthélémy GIBELIN (1747-1831), dit Gibelin David,

  Avocat, Imprimeur, puis Juge de Paix

Il fut baptisé à Aix (paroisse de La Magdeleine) le 14 octobre 1747 

Après ses études de Droit, il  était devenu avocat quand le dernier des DAVID décéda sans enfant. L'imprimerie n'ayant plus de dirigeant, il fallut trouver un successeur parmi les héritiers.

portrait 2L'imprimerie DAVID

Par leur mère, née DAVID, les frères GIBELIN étaient les descendants d'une illustre famille d'imprimeurs, libraires et bibliophiles.
Depuis sa fondation par Jean THOLOZAN en 1597, et son gendre et successeur Etienne DAVID, l'imprimerie avait prospéré pendant deux siècles, recherchant constamment de nouveaux clients, tant pour éditer leurs écrits que pour les vendre comme libraires.
Bibliophiles avertis, les DAVID s'intéressaient aux livres rares. Ainsi, pendant plus de vingt ans,  Joseph DAVID avait conseillé le Marquis de Méjanes, l'aidant à constituer sa précieuse collection.

 
Les héritiers de l'Imprimerie DAVID

A la mort d'Antoine DAVID (1786), tous ses neveux héritèrent de leur part de l'Imprimerie.
Comme personne d'autre n'était disponible ou intéressé, ce furent les deux cousins germains, petits-fils de Joseph DAVID qui lui succédèrent.
Toussaint Bernard EMERIC  et Barthélémy GIBELIN prirent donc la tête de l'entreprise. Ils se répartirent la tâche, le premier séjournant à Paris ou voyageant à l'étranger pour prospecter les clients éventuels, le second faisant "tourner la boutique" à Aix.
Ils modifièrent leur nom pour garder leur enseigne, l'un en EMERIC-DAVID, l'autre en GIBELIN-DAVID. Mais la Révolution, avec ses péripéties, porta un coup fatal à l'établissement qui fut repris en 1795 par leur cousin, Antoine HENRICY, puis changea maintes fois de mains.

Au XIXème siècle, les MAKAIRE furent les derniers repreneurs. Ils cessèrent leur activité en 2001.

De 1786 à 1794, Barthélémy GIBELIN fut donc imprimeur.
Comme ses frères, il adhéra aux "Amis de la Constitution" et les suivit aux "Antipolitiques" mais son destin prit un nouveau tournant avec son emprisonnement en 1794 : une fois libéré, il se retira de la vie publique.


Emprisonné pendant la terreur !

Une  "lettro d'un païsan prouvençaou a seis amis", imprimée en avril 1789 à Aix chez "Gibelin David et Emeric David, avocats imprimeurs du Roy", fut considérée comme "de nature à pervertir l'opinion publique et produire un mouvement en faveur de l'ancien régime".
Barthélémy Gibelin-David fut donc arrêté sur ordre du citoyen Maignet, représentant du Peuple, et jeté "aux prisons d'Aix" en juin 1794 malgré les multiples interventions de ses frères.
Ce fut la chute de Robespierre, entrainant le départ de Maignet, qui permit la libération de Barthélémy, en novembre 1794.


Très éprouvé par sa mésaventure, Barthélémy Gibelin David ne reprit pas ses fonctions à l'Imprimerie (qui avait fait de mauvaises affaires entre temps) et se retira en sa "campagne" du Verger, à Bouc, comme simple "citoyen agriculteur".
Ce n'est qu'en 1802 (an X) qu'il renoua avec le Droit en étant élu Juge de Paix dans le canton de Gardanne.


Il décéda le 6 novembre 1831 à Bouc (Bouc Bel Air)

Il s'était marié deux fois :
La première: le 9 novembre 1772 avec Thérèse Catherine Angélique BREMOND dont il eut deux filles, d'où une nombreuse descendance. Veuf le 14 août 1808.
La seconde : le 28 décembre 1808, avec Jeanne CHATELIER.


Sources : Remerciements à Mme Gisèle BARDET pour la documentation personnelle du regretté M. Jean BARDET, membre de l'AG13, fondateur de l'Association Généalogique Venelloise, auteur de l'ouvrage : "Les GIBELIN, les DAVID, et quelques autres, enquête sur une famille aixoise 1597-1914" et descendant direct d'Esprit Antoine GIBELIN.
Réalisation: Michèle RENOUX, AG13 Antenne d'Aix, 2008.



Activités de l'antenne aixoise de l'AG.13


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