plaqueFrançois Marius GRANET

(1775 - 1849) 

Peintre

portrait par Ingres

François Marius Granet est né à Aix-en-Provence, rue du Puits-Neuf le 17 décembre 1775.  

Il était fils d'un maître-maçon qui avait la passion de la peinture et collectionnait les petits tableaux, dessins, estampes qu'il pouvait acquérir. 

 AN

arbre

Il entre à l’école gratuite de dessin est formé par divers peintres dont un italien et, plus tard, par Constantin qui était alors le directeur de l’école et qui prit Granet dans son propre atelier.  

 La famille est modeste et à dix-sept ans, il vend quelques petits travaux, avant de s’engager dans la Société Populaire pour participer au siège de Toulon. Là, il devient dessinateur de l’Arsenal en 1792.

 A l’école de dessin, François Granet a rencontré Auguste Forbin dont il est devenu l’ami. Il part le rejoindre à Paris mais revient rapidement à Aix, appelé par le devoir familial. Ses parents sont emportés par la maladie et il doit assumer la charge de ses sœurs.

Il séjourne de longs mois au Château de la Barben (près de Salon de Provence) chez son ami Auguste FORBIN.

 Enfin, il retourne à Paris et suit la formation de l’atelier de David. Il ne peut régler son inscription mensuelle et déserte donc ce « haut lieu » de la peinture.  Il loge alors dans le couvent désaffecté des Capucines et entreprend ses recherches picturales d’ombre et de lumière.

cloitre Après avoir exécuté au Louvre d'excellents croquis qui lui permettaient de vivre, il peint un coin du petit cloître des Feuillants de la rue Saint Honoré. Le succès de ce tableau est le départ de sa réputation. En effet, le « Cloître des Feuillants » présenté au Salon lance le jeune peintre mais le limite aussi dans ce registre (couvents, monastères, cimetières...).

 Remarqué par Bonaparte en 1793, il effectue un premier séjour à Rome en 1802 en compagnie de son ami Auguste de Forbin. Il y reviendra pour de longs séjours jusqu'en 1824 et il y retrouve Ingres qui peint son portrait en 1807 (Aix-en-Provence, musée Granet) et lui demande six ans plus tard d’être le témoin de son mariage.

 C’est dans la capitale romaine que le peintre se marie avec une italienne, Nena (*). Granet est devenu célèbre et vend l’une de ses toiles à l’Impératrice Joséphine. Forbin, grand patron des Beaux-arts, ne l’a pas oublié et continue à l’aider. Granet est nommé conservateur de Versailles et doit résider dans la capitale.

 Il devient conservateur adjoint à la Direction des musées royaux en 1824 puis conservateur en titre en 1826 ; il est élu membre de l'Institut en 1830 et nommé par Louis-Philippe, directeur des Galeries historiques de Versailles où il est chargé en 1833 de l’organisation du musée historique et y travaille jusqu’en 1848. Il est également membre des Académies de Saint-Pétersbourg, Rome et Berlin et nommé officier de la Légion d'Honneur en 1837. 

 Il se retire à Aix-en-Provence après la Révolution de 1848 où il est destitué de ses pouvoirs. 


ADDe retour dans sa ville natale, il légue l’ensemble de son œuvre, hormis 200 dessins choisis pour le Louvre par le peintre Cogniet et la comtesse de Marcellus, fille d’Auguste de Forbin, à la ville d'Aix qui fonda un Musée portant son nom.

 Le 21 novembre 1849, il meurt chez lui à Aix-en-Provence, dans la bastide provençale qu'il avait achetée en 1825 alors qu'il habitait encore Paris.

 

Son style

 La peinture de Granet se débarrasse des contradictions du réel pour fixer un rêve.

 On connaît le cri d’admiration que lui arrache la vue du Colisée à son arrivée à Rome, en 1802 : « je ne me croyais plus de ce monde ». A Rome, il dessine les monuments anciens et peint des scènes de la vie des artistes. Il se fait connaître aussi pour ses intérieurs d'églises et de couvents, dans un style hollandais très sombre, à l’opposé de sa formation néoclassique.

usurier L’attrait qu’exercèrent rapidement ses tableaux et dessins, très tôt commercialisés pour eux-mêmes, est d’ordre émotionnel autant que plastique. Dès la fin des années 1790, au sortir de l’atelier de David où il croise Ingres et Forbin, Granet a pris conscience des attentes de son public alors que la carrière des arts, pratique et théorie, a perdu toute assise stable et s’est déjà affranchie des interdits et des hiérarchies académiques.

 Comme d’autres, formés comme lui chez le créateur des Horaces, il entame une carrière de peintre de genre en combinant nouveau pittoresque, qui sera la poésie des cloîtres et des vieilles églises, et nouvelle manière, marquée à la fois par sa formation davidienne, son culte du Poussin le plus radical et son goût déclaré pour Rembrandt. L’alliance en somme de la sensibilité du premier romantisme, mêlée de noirceur anglaise le cas échéant, et de choix picturaux qui tournent le dos au monde trop policé du siècle précédent.

asile 

orangerie

Leontine

La personnalité de Granet traduit différents aspects, depuis les colorations robustes et contrastées des scènes religieuses ou historiques exécutées en Italie, jusqu’aux paysages lumineux de Paris et de ses environs. Dans ses aquarelles notamment, l’artiste se laisse aller à son véritable tempérament, renonçant souvent au pittoresque, négligeant parfois complètement le dessin, afin de traduire à l’aide de son pinceau l’impression ressentie devant une nature noyée sous la brume ou sous la pluie, endormie par temps de neige ou vibrant sous les rayons d’un soleil printanier.

 Ses dessins témoignent d'un désir d’empathie par leur naïveté volontaire ou leur ambiance sépulcrale. Avant de mourir, l’artiste en légua deux cents au Louvre afin de faire survivre son nom parmi les immortels du musée où il avait passé tant d’heures après avoir quitté Aix-en-Provence.

 Dans ses œuvres, on a surtout apprécié l'harmonie qu'il a su établir entre les personnages et les lieux dans lesquels il les met en scène. Il excelle à distinguer les effets de lumière, concentrant l'éclairage sur la partie centrale où se déroule l'action.

De nombreuses oeuvres de Granet ont été gravées par son ami aixois Marius Reinaud, notamment son portrait d’après un dessin d’Ingres, « La Fornarina » et « Le Choeur des Capucins »  gravure présentée au Salon de Paris en 1819.

 (*) A noter que si les historiens disent que Granet a épousé « Nena », son acte de décès mentionne qu’il est veuf de  « Magdeleine Appolonie » : est-ce Néna ?

 
citrouillesSources :

- Archives communales     
- Bibliothèque Méjanes   
- Musée Granet    
www.web-provence.com
- www.aixenprovencetourism.com

- www.latribunedelart.com
- www.coteauxaixenprovence.com
- www.fontaines-aixoises.com
      

Marcelle CHIRAC : « Aix-en-Provence à travers la littérature française – de la chronique à la transfiguration », 1978, Tome 1 et 2.

 
Panneau réalisé par Manuela Alu

posterActivités de l'antenne aixoise de l'AG.13








Retour à la liste alphabétique

Vers le plan d'Aix en Provence

Retour à l'accueil




Panneau de l'exposition





Retour haut de page