plaqueGuillaume de LITTERA

(v. 1371 - 1452)
Chanoine de l’Eglise Métropolitaine Saint Sauveur



hotel Littera         Né vers 1371, dans une famille de petite noblesse aisée, Guillaume de Littera va poursuivre ses études jusqu’à obtenir un doctorat en droit canon et en droit civil. Il va ainsi se faire une place enviée à l’archevêché d’Aix en devenant chanoine puis le prévôt de l’église métropolitaine d’Aix.
     Vers la fin des années 1420 dans une affaire de fausses bulles du Pape, tendant à détourner de Rome des impositions qui auraient dû y parvenir, Guillaume agit avec un mandat en bonne et due forme de l’archevêque d’Aix, en tant que juge apostolique et sous-conservateur des privilèges accordés à l’université d’Aix. Il se heurte à l’archidiacre d’Avignon, conservateur des privilèges de cette ville, et le menace d’excommunication. C’est lui, Guillaume de Littera, qui, finalement, est excommunié. Très rapidement, le 26 janvier 1429, il obtient une lettre de levée de l’excommunication.
plan littera
porte hotel Littera           A Aix, il travaille avec la même application à rétablir une situation ecclésiastique fortement compromise. Il a embrassé avec beaucoup d’autres en Provence, le parti du concile de Bâle, contre le Pape de Rome, et accepté d’être le vicaire en Provence de l’anti-Pape Félix V, pour le diocèse de Nice, Vence, Glandevès, Senez et Vintimille. A la disparition de Félix V, il perd toutes ses fonctions et ses prébendes ecclésiastiques. Enfin, en 1447, Nicolas V l’absout de ses erreurs ; une bulle pontificale de 1449, suivie d’une ordonnance de l’archevêque d’Aix en 1451 lui redonne sa place, ses titres et ses revenus.
         Il décède cette même année. Les biens de Meyreuil seront partagés entre ses trois petites-nièces, filles de Henri, tandis que ses biens de Rousset reviendront à son fils Jean (enfant illégitime). Ce dernier encore jeune - moins de 25 ans -  que l’on qualifie de neveu, quand on ne le traite pas de bâtard, se fera rapidement spolier des terres qu’il a reçues de son père, par le reste de la famille.
 






arbre

chapelle
Le premier des Littera à Aix :  Nicolas Vulpure de Littera (avant 1333-1396)


     C’est grâce à son deuxième mariage en 1362, que nous découvrons cet homme. Sa première femme, Jacoba, décédée en 1361, lui laisse une grosse fortune. C’est donc un homme riche, notable dans sa ville, qui épouse Sancie de Roviera en 1362. Il exerce la profession de notaire, mais est très impliqué dans les affaires municipales, il sera nommé deux fois syndic de la ville d’Aix.
     De sa deuxième épouse naîtront au moins neuf enfants, dont Guillaume de Littera, qui deviendra le chanoine de Saint-Sauveur.
     Sancie, héritière de la co-seigneurie de Meyreuil, s’était toujours montrée très sensible à ses prérogatives seigneuriales, mais elle n’avait guère eu à les exercer. C’est son mari [Nicolas] qui avait la charge de la gestion de ces terres.
     A son décès, son épouse Sancie verra rapidement son train de vie s’amenuiser. En effet, deux de ses fils, ne verseront pas la pension alimentaire décidée dans le testament. Bernard et Elzéar seront déshérités en 1397 par leur mère. Ce n’est qu’en 1415, peu avant sa mort, que Sancie, dans son dernier testament, reviendra sur cette décision et effectuera un partage de ses biens entre tous ses enfants.
 
hotel  guiranLa co-seigneurie de Meyreuil
 
    A partir de 1398, et à la demande de sa mère, Guillaume va gérer les terres familiales de Meyreuil. Cette seigneurie n’est que d’un faible rapport et Guillaume aura beaucoup de mal à trouver des paysans pour exploiter ces terres qui sont mal soignées et parfois même abandonnées. Après le décès de sa mère, il est chargé de gérer l’indivision de la co-seigneurie de Meyreuil.
      Avec les terres de Meyreuil, depuis de longues années, Guillaume gère les biens de sa grand-tante, très âgée, Sibylle d’Auriol, dame de Rousset, et en 1418, par testament, il hérite de cette seigneurie .
     En 1425, il donne sa co-seigneurie de Meyreuil à son neveu Henri de Littera, mais reviendra en 1431 sur cette décision, en partageant Meyreuil avec son frère Elzéar.
     En 1438, Henri et Elzéar, les co-seigneurs de Meyreuil, se débarrassent de ces terres improductives. Guillaume qui était très attaché à ces terres venant de sa mère, il va les racheter en 1446 et redevenir le co-seigneur de Meyreuil.

detail hotel Guiran

Histoire de la rue Littera

     La rue de Littera ne retient guère l’attention de qui visite le quartier de la Cathédrale […] et pourtant, toute proche de l’archevêché, elle était, il y a plus d’un demi-millénaire une résidence de choix. A l’ouest, elle ouvrait sur la rue Droite-Notre-Dame (Gaston de Saporta) par une placette de 200 mètres carrés, où l’on dressait le pilori du bourg Saint-Sauveur ; on la devine encore aujourd’hui malgré les constructions qui s’y sont implantées. Sur un de ses côtés a chanté la fontaine d’Espeluque avant son déplacement plus près de la cathédrale. A l’Est, la rue débouchait sur la rue du Four du Chapitre (Adanson), et sur une traverse sinueuse qui filait vers le Sud-Est, la rue Campra.  
    Quand Othon de Villars et Béatrice des Baux y résidaient, elle ne s’appelait alors que « Rue Costello » ou rue « de la Font d’Espeluque ».

Les Littera eurent une réelle notoriété et donnèrent un prévôt du chapitre de la Cathédrale Saint-Sauveur, et au moins huit fois des syndics de la ville ; ils laissent leur nom à une rue dite, rue de Monsieur Guillaume de Littera (Vente de maison du 15 novembre 1484) ou de la fontaine d’Espeluque. A cette époque, la fontaine était encore à sa place primitive, place d’Espeluque ou du Pilori, et n’avait pas été transportée place des Martyrs de la Résistance.

Extrait de « Vivre en Pays d’Aix » de Léon MARTIN / Jean FABRE

   A la fin du XIVème siècle, après la terrible peste de 1348, Aix a perdu une part importante de sa population. La ville va alors se  resserrer à l’intérieur de ses remparts. La rue Littera se trouve au coeur du bourg Saint-Sauveur - quartier situé tout autour de la cathédrale. Plus au sud, on trouve la ville comtale. 

Il y a quatre hôtels particuliers dans cette rue : l’hôtel de Fontvert, l’hôtel d’Albert (ou Mollet), l’hôtel d’Espagnet et l’hôtel de Littera.

BIBLIOGRAPHIE et SOURCES

    La majeure partie des informations et textes de ce panneau sont issues des ouvrages auxquels a participé Monsieur Léon MARTIN, qui des années durant a étudié la famille LITTERA. On pourra lire avec plaisir l’ouvrage « Vivre au pays d’Aix », malheureusement épuisé, mais disponible dans les bibliothèques de la ville, pour découvrir la vie de Littera aux XIV et XVe siècles. Dans un second ouvrage, « Testaments provençaux du Moyen âge », lui aussi épuisé, le curieux pourra découvrir un remarquable travail de paléographie présentant les sources de l’histoire des Littera.

* BOUYALA D’ARNAUD André, Evocation du Vieil Aix, 1989, Editions de Minuit
* BROC  J. - MARTIN L. - MONTAGNES B. - RAMIERE de FORTANIER A., Testaments provençaux du moyen âge - 1979, Archives de la ville de Marseille / Institut historique de Provence
* FABRE Jean et MARTIN Léon, Vivre au pays d’Aix aux temps de la reine Jeanne et du roi René, 1984, Archives du Sud - Aubanel
* POURRIERE Jean, Aix-en-Provence – Rues et monuments – Visite guidée, 1952, Editions provençales
* ROUX ALPHERAN, Les rues d’Aix,  1964, réédition Aubin

ARCHIVES MUNICIPALES D’AIX-EN-PROVENCE
ARCHIVES DEPARTEMENTALES - DEPOT D’AIX-EN-PROVENCE

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