plaqueJean Pierre François de RIPERT

de MONCLAR

 (1711 - 1773)



Procureur général au Parlement d'Aix

portrait


Le nom du "plus illustre de tant de procureurs généraux qui ont honoré le Parlement d'Aix" selon Roux-Alphéran, fut attribué en 1811 à la rue qui borde le côté méridional du nouveau Palais de Justice (alors en chantier). Toujours selon Roux-Alphéran : "son compte-rendu des constitutions des Jésuites, son plaidoyer dans le fameux procès contre ces religieux, et son mémoire servant à établir la souveraineté du roi sur la ville d'Avignon et le comté Venaissin,  seront considérés à jamais comme des chefs-d'œuvre d'histoire et dialectique, quelles que soient les opinions des lecteurs quant au fond même de ces affaires".
       


1er octobre 1711 : naissance au château de St-Saturnin les Apt, fils de Pierre François de RIPPERT, seigneur de Monclar et de Salonet, Conseiller au Parlement de Provence, et de Gabrielle Françoise d'ORSIN MIRAVAL.

arbre


    Il fit ses études chez les Jésuites, et fut reçu Procureur Général en la Cour du Parlement de Provence, le 19 décembre 1732.


Le 17 mars 1747, il épousa Catherine de LISLE, de Marseille, et en 1750 il fit l’acquisition de la Seigneurie de Saint-Saturnin-les-Apt.

C’est en 1761, avec l’ouverture du procès contre les Jésuites, qu’il gagna sa notoriété.

St Ignace
Qui étaient les Jésuites ?

        
En 1533,  avec quelques disciples,  Ignace de Loyola fonda la Compagnie de Jésus, reconnue par le pape Paul III en 1540 par la bulle "Regimini militantis" puis confirmée par le pape Jules III en 1550 avec la bulle "Exposcit debitum". Il fut canonisé  en 1622.

Les Jésuites se consacraient à l'enseignement dont ils avaient quasiment le  monopole depuis qu'ils avaient réussi à faire dissoudre l’ordre des Jansénistes au XVIIème siècle en les accusant d'être trop proches des idées de Calvin. Ils envoyaient des missionnaires dans toutes les parties du monde et le réseau qu'ils avaient constitué était très puissant. Si on ajoute qu'en tant que confesseurs de la plupart des personnages importants en Europe leur influence était considérable, on comprend qu'ils s'étaient attirés beaucoup de jalousies.

La France du siècle des Lumières était parcourue de courants philosophiques qui divisaient les grands esprits (cf. querelle des Jansénistes) à propos des Jésuites. Quant à l’opinion des petites gens, qui se nourrissait des faits-divers de leur quotidien, elle leur était ouvertement hostile, par exemple à l'occasion de refus de sacrements au lit de mort des Jansénistes, nombreux entre 1730 et 1755.
blason

En Provence, l'affaire  R.P. GIRARD / LA CADIERE  était encore dans toutes les mémoires :

En 1731, le R. P.Girard, jésuite, avait été accusé d'avoir séduit une de ses pénitentes, la jeune La Cadière.. La ville d'Aix, où se déroulait le procès, se trouva divisée en deux clans : les partisans de La Cadière, et ceux du R.P. Girard. La peine de mort avait été requise pour chacun mais le Président les épargna : La Cadière ne fut pas pendue mais elle garda les torts, ses plus chauds partisans exilés, et Girard fut acquitté.

Le Parlement d’Aix était lui aussi divisé mais les adversaires des Jésuites étaient plus virulents que leurs défenseurs. Lorsqu’il fut avéré que le Roi (Louis XV) ne souhaitait pas les défendre et que le Pape (Clément XIII) n’était pas en mesure de le faire, ils furent officiellement sommés de rendre des comptes.



                                        
Le procès contre les Jésuites (1761-1763)

plaidoyerconstitutionJean Pierre François de RIPERT de MONCLAR s’investit avec passion dans l’instruction dont il fut chargé. Son acharnement et son éloquence réussirent à convaincre la Cour de condamner les Jésuites et leurs défenseurs avec sévérité, et ce procès eut des retentissements dans toute l’Europe.

Conséquences du procès : 

Les Jésuites furent expulsés du royaume, leurs biens liquidés, leurs bibliothèques vendues. Par la suite ils furent bannis de la plupart des pays d'Europe.

"Le Président de BOYER d'EGUILLES  (cousin de MONCLAR)  fut condamné à être et demeurer banni du royaume à perpétuité, l'abbé de Barrigue-Montvalon, conseiller-clerc, à être banni de la province et du ressort de la cour pendant le temps et terme de vingt années, les conseillers de Coriolis, Laugier de Beaurecueil, Deydier-Curiol de Montvalon fils, à être rayés de la liste des officiers de la Cour comme incapables d'exercer aucun office de magistrature, enfin les Conseillers Méri de la Canorgue et de Cadenet de Charleval, à être et demeurer interdits de toutes fonctions de leur charge pendant le temps et terme de quinze années" (d'après Roux-Alphéran).

De plus, toutes les Cours de Parlement en France publièrent un "arrest" selon  lequel il était "ordonné que les Mémoires de M. d'Eguilles, Président du Parlement d' Aix contre les arrêts et arrêtés de sa compagnie dans l'affaire des Jésuites, soient lacérés et brûlés" (cf Bibliothèque Méjanes, cote in-8 pcs 10339).

mémoire Citons Roux-Alphéran : "Il est permis de croire que trente ans plus tard, leur auteur eût professé des doctrines bien opposées à celles qu'il émît dans ces deux ouvrages (cf Constitution des Jésuites, et Plaidoyer contre les Jésuites) et l'on s'étonnera toujours de la rigueur avec laquelle il poursuivit le Président d'Eguilles, son parent, à raison des liaisons de celui-ci avec les Jésuites".

Note :  le roi adoucit quelques années après, la rigueur de cet arrêt qui n'avait été rendu que par contumace contre le Président, il lui fut permis de se retirer dans sa terre d'Eguilles où il mourut.
   
Bourgane


En 1769,
son action menée contre la Papauté afin de faire rentrer la ville d'Avignon et le Comtat Venaissin dans le Royaume de France lui valut le titre de marquis, pour lui et ses descendants, accordé par lettres patentes du roi Louis XV.


A la dissolution du Parlement d'Aix, en 1771 il s'installa en son château de Bourgane, à St-Saturnin les Apt, où il décéda le 12 février 1773.

            

Sources : Bibliothèque Méjanes à Aix - CD Rom AG13 - Internet

Documents : travaux de l'Association Généalogique du Vaucluse           
Réalisation : Michèle RENOUX - AG13 Antenne d'Aix - 2007
 
posterActivités de l'antenne aixoise de l'AG.13



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