plaqueNicolas Claude FABRI Seigneur de PEIRESC

(1580 - 1637)


Conseiller du Roi au Parlement de Provence

portrait
 
Nicolas Peiresc habitait l'hôtel de Calas, rue de la Trésorerie, près du palais Comtal, une demeure familiale où il accueillait ses nombreux visiteurs.
Il l'avait aménagée en musée pour abriter ses collections et en laboratoire d'expériences. Une coupole d'observation astronomique en couronnait le toit.

Tout fut démoli au XVIIIème siècle avec le Palais Comtal et, en 1811, on donna le nom de Peiresc (avec l'orthographe Peyresc) à la rue à l'est du chantier du nouveau Palais de Justice, très proche du lieu-même où il avait vécu et était décédé. Une plaque en évoque le souvenir.


Plus que pour sa charge de Conseiller du Roi, Nicolas PEIRESC est connu comme brillant érudit dans des domaines aussi variés que l'astronomie, la botanique, l'entomologie, l'étude de l'anatomie, comme amateur d'antiquités égyptiennes, grecques et romaines, et numismate averti. Ce fut un personnage éminent de la plaque commémorativesociété aixoise, connu et respecté dans toute l'Europe.

Instruit en latin et en grec depuis l'enfance, il parlait et écrivait l'italien avec aisance. Afin d'étudier les inscriptions des monnaies qu'il collectionnait, il s'initia à l'hébreu et apprit à déchiffrer le copte.

Curieux de tout, travailleur acharné, collectionneur passionné et mécène généreux, il fut l'ami de Gassendi, Malherbe, Rubens, Van Dyck, Finson,  Mellan, et surtout de l'influent  Guillaume du Vair, le Premier Président du Parlement de Provence qui le distingua en l'attachant à son service en tant que secrétaire particulier et qui l'introduisit à la Cour d'Henri IV puis de Louis XIII.

arbre


CMQuelques dates :


1er décembre 1580 : naissance à Belgentier (Var). Ses parents, aixois, s'étaient réfugiés dans leur bastide varoise pendant un épisode de peste à Aix

Il fit des études de philosophie et de droit à Avignon, Tournon et Aix.

1599-1602 : voyage en Italie : Etudes de Droit à Padoue, en compagnie de son frère Palamède. Visite de Pise,  Florence, Venise, Rome, Naples, voyage formateur et riche en émotions artistiques.

1602 : Etudes de Droit à Montpellier.

1604 : Aix en Provence : reçu Docteur en Droit de l’Université d'Aix, Nicolas FABRI prit le titre de Seigneur de PEIRESC nom d'un petit village de Haute-Provence dont les terres étaient depuis longtemps dans la famille de sa mère.

1605 : premier voyage à Paris avec Guillaume de Vair, Premier Président du Parlement pour qui il travaillait, et voyages à Londres et aux Pays-Bas, occasions d'enrichir ses collections.

Juin 1607 : Nicolas Peiresc reprit la charge de son oncle, devenant à son tour Conseiller du Roi au Parlement de Provence.

Observant et étudiant les phénomènes de toutes sortes, il résolut en 1608 le mystère de la « pluie de sang », apparition de gouttes rouges sur les murs qui avaient terrifié les habitants des campagnes au nord d'Aix. Il démontra qu'il ne s'agissait pas de sang mais d'un dépôt, laissé lors de leur éclosion, par des papillons du type Vanesse.

1613 - 1623 :  lors de son second séjour à Paris, à la Cour de  Louis XIII, toujours au service du Conseiller Du Vair, il se lia d'amitié avec les grands esprits et les artistes dont le roi aimait à s'entourer,

1623 : de retour à Aix en Provence,  Nicolas Peiresc se consacra, à côté des devoirs de sa charge, à l'astronomie, à la botanique en sa propriété de Belgentier, et entretint une correspondance abondante avec les savants de toute l’Europe.

Ses  travaux

la botanique
Si son système de classification des végétaux n'a pas été retenu par ses successeurs, ils ont grandement bénéficié de l'observation minutieuse et des dessins détaillés de milliers de plantes dont certaines étaient inconnues jusqu'alors.

la mesure de la Méditerranée
Peiresc imagina de mettre à profit l'éclipse de Lune de 1635 pour améliorer la carte de la Méditerranée, en notant le plus précisément possible l'heure du début de l'éclipse en chacun des points d'observation soigneusement répartis. Deux ans de préparation furent nécessaires mais le résultat fut étonnant : la Méditerranée avait 1 000 km de moins d'Est en Ouest que d'après les estimations de Ptolémée (ca 100-170 après JC)

la carte de la Lune
Désireux d'affiner encore la précision des mesures réalisées lors d'éclipses, Peiresc entreprit de dresser un atlas de la lune d'après ses observations au sommet de la montagne Sainte Victoire, en compagnie de Gassendi.
Ils notèrent le phénomène d'oscillation de la Lune jamais signalé jusque là.
C'est à Claude Mellan, son ami, graveur réputé, que Nicolas Peiresc confia la tâche de réaliser cet atlas. A sa mort, en 1637, seulement trois planches étaient terminées : premier quartier, dernier quartier et pleine lune (aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale)

et tant d'autres choses…
  - découverte de la nébuleuse d'Orion (1610),
  - introduction en France des chats angoras,
  - acclimatation du jasmin de Chine et d'autres plantes exotiques,
  - étude de l'œil et de la vision chez les animaux et chez l'homme,
  - étude des canaux chylifères chez l'homme.

arbreSa correspondance
Ses lettres, dont il gardait des doubles, sont la seule trace écrite  de ses travaux.
La bibliothèque Inguimbertine de Carpentras possède cent volumes de cette correspondance, la Bibliothèque Nationale en a cinquante, et il y en a une quinzaine à la bibliothèque Méjanes d'Aix-en-Provence.

Il décèda à Aix , le 24 juin 1637. Son éloge funèbre fut traduit en quarante langues.
("Panglossia", imprimé au Vatican en 1638).

   
En sa mémoire …

A la mort de Peiresc c'est Palamède de VALAVEZ, son frère dévoué, qui prit soin de ses collections mais lorsqu'elles tombèrent entre les mains de Claude, son neveu, elles furent dispersées.
       
Il fallut attendre 1778 et François FAURIS de SAINT VINCENT, Président du Parlement de Provence, époux d'une lointaine petite cousine de Peiresc, pour que soit édifié un monument funéraire à la gloire de l'humaniste, surmonté d'une sculpture de CHASTEL. Une forme triangulaire qui existait dans le projet ne fut jamais réalisée.

La partie supérieure avec profil et épitaphe, de Chastel, de 1778 se trouve dans le chœur de l'église de La Madeleine.  La partie inférieure avec colonne et urne, de 1803, est dans la chapelle Saint-Mître de la Cathédrale Saint-Sauveur.

L'histoire de ce monument est plutôt mouvementée : érigé dans l'église Sainte-Madeleine près du tombeau de la famille FABRI, il fut démonté et mis en sûreté pendant la Révolution. Grâce à  Alexandre FAURIS de ST-VINCENT fils du précédent,  également Président du Parlement  de Provence,  il fut réparé et installé dans la Cathédrale Saint-Sauveur  en 1803.

Plus tard, Philippe TAMIZEY de LARROQUE entreprit de rassembler toute la correspondance de Peiresc (entre 1868 et sa mort en 1898) ce qui relança l'intérêt pour Peiresc. Il organisa une souscription et des "fêtes de Peiresc" qui permirent de ramener la partie supérieure du monument en l'église de La Madeleine en 1894, le soubassement restant en place à St-Sauveur.
Un buste fut installé Place de l' Université, face à la Cathédrale.
Le planétarium de la ville d’Aix  porte son nom.



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Sources : AD Aix,  Bibliothèque Nationale (site Gallica)
Ouvrage :   "Défricheurs d'Inconnu" de A. Bailly   
Réalisation : Michèle RENOUX  - AG13 Aix - 2007   

Activités de l'antenne aixoise de l'AG.13




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Poster de l'exposition

      



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