plaqueLouis Charles Joseph Gaston de SAPORTA 

 (1823 - 1895) 

Botaniste, paléontologiste


portraitIl est né au Château de Montvert à Saint-Zacharie (Var) le 28 juillet 1823, fils de Adolphe de Saporta et Irène Boyer de Fonscolombe. Il est le deuxième enfant du couple, un premier garçon né prématurément n’a pas survécu, sans doute à cause du transport de la future mère en chaise à porteurs de St Zacharie à Aix. Un autre garçon Charles viendra compléter la famille en 1824.
Dans sa jeunesse il s’intéresse à la littérature.
Fils d’une famille aristocratique aixoise, devant lui s’ouvre une vie occupée à gérer ses biens.

Il épouse le 16 novembre 1846 Valentine de Forbin la Barben, un enfant nait l’année suivante – une nouvelle grossesse s’annonce – en janvier 1850 l’accouchement se passe mal – c’est le décès de la mère puis celui de l’enfant. Pour surmonter son chagrin  il commence à s’intéresser à la botanique. Ce qui l’intéresse ce sont les plantes du passé. C’est le monde végétal à l’époque de la formation des gypses au nord d’Aix.

Pendant quarante ans sa production ne se ralentit plus. En 1862, il publie en chapitres successifs dans les Annales des Sciences naturelles, ses Etudes sur la végétation du Sud-est de la France à l’époque tertiaire. Ces publications sont destinées aux hommes de science, mais les faits précis permettent des synthèses, des conceptions qui peuvent intéresser un public cultivé. Il consacre le meilleur de ses efforts à établir d’une façon indiscutable les enchaînements du monde végétal. En 1889, il conclut par les Dernières adjonctions à la flore fossile d’Aix en Provence.

Il  décéde le 26 janvier 1895 à Aix en Provence à son domicile, 21 rue de la Grande Horloge. Des témoignages de regret et de sympathie affluent de tous les pays d’Europe comme d’Amérique.

Le conseil municipal d’Aix, dans sa séance du 6 février suivant, décide d’attribuer son nom à la rue de la Grande Horloge.


GENEALOGIE  

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Les Aïeux de Gaston de Saporta

La maison de Saporta (Zaporta) est originaire d’Espagne, de l’Aragon et de Saragosse, elle remonte aux confins du 14ème siècle ; en 1268 un navire est commandé par Bernard Saporta et appartient à la flotte du roi d’Aragon.

Le premier de la lignée venu en France est Louis 1er Saporta au début du 15ème siècle, venu de Saragosse il représente la branche cadette qui a eu des démêles avec l’Inquisition, mais bientôt sera la seule à constituer la famille car la branche aînée s’éteint en Espagne en 1580, il était professeur à l’Université de Lérida et vient enseigner à Avignon puis à Montpellier ; lui et ses descendants ont formé une véritable dynastie de médecins, savants et professeur d’Université dont plusieurs ont été au service des rois et reines de France. Aux générations suivantes se seront des parlementaires puis des militaires. La famille fut anoblie par charge à la cour des comptes de Montpellier et maintenue noble en 1668.

Une branche s’est installée en Provence en 1653 au mariage de François Abel de Saporta avec Jeanne de Gérard, dame de Châteauneuf-lès-Moustiers (04).

Joseph Antoine de Saporta, dit le Marquis de Saporta fut Chambellan de SAS le duc de Deux-Ponts (1785) et premier marquis de Saporta. Son fils Charles Auguste sera le père de Gaston de Saporta.

Les Boyer de Fonscolombe.

La mère de Gaston de Saporta : Irène de Boyer de Fonscolombe, fille unique recevra les propriétés de son père lui-même aîné de sa génération : le château de Fonscolombe au Puy Sainte Réparade, un hôtel particulier à Aix , 21 Rue de la grande horloge  (aujourd’hui rue Gaston de Saporta). De sa mère lui vient aussi le domaine de Moulin Blanc à St Zacharie (83).
Le bisaïeul Emmanuel Boyer de Fonscolombe fut l’un des fondateurs de l’Académie des sciences, agriculture, belles-lettres et arts d’Aix, son fils Hippolyte, grand-père de Gaston ; membre de cette académie, est spécialiste d’entomologie. Il établit en 1845 un calendrier de la faune et de la flore des environs d’Aix. Un grand-oncle Marcellin Boyer de Fonscolombe, membre de l’académie d’Aix, s’intéresse à l’histoire.

Rue Gaston de Saporta
 
C’est l’épine dorsale du Bourg St Sauveur et elle suit approximativement la Voie Aurélienne.
Anciennement nommée «Rue droite du Bourg », elle prendra ensuite le nom de « Rue de la Grande Horloge » et c’est en 1895, peu après son décès, qu’elle a pris le nom de « Rue Gaston de Saporta »
Dans cette rue, du coté impair, sont accolés quatre hôtels particuliers :

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N° 17 – Hôtel d’Estienne de St Jean
Joseph de Martiny, Trésorier Général de France reconstruit dans le dernier tiers du 17ème siècle la maison familiale de son épouse Françoise d’Estienne de St Jean, ce travail de restauration serait l’oeuvre des frères Vallon Jean et Laurent 2ème du nom.
  Depuis 1932 il abrite le Musée du Vieil Aix et a été classé Monument Historique en 1937. 

N° 19 – Hôtel de Châteaurenard
Construit vers 1650 par Pierre Pavillon à la demande de Jean François d’Aimar-Albi, baron de Chateau- renard. Jean Daret peintre bruxellois en a décoré la cage d’escalier de peintures en trompe l’oeil.
   Bureau de Bienfaisance à partir de 1883 et classé Monument Historique en 1990 il est le siège des services culturels de la ville.

N° 21 – Hôtel Boyer de Fonscolombe
Construit vers 1650 pour Charles de Grimaldi, marquis de Régusse, il sera vendu aux Forbin-La Barben en 1724, puis passe aux Boyer de Fonscolombe en 1743, ceux-ci entreprennent une réhabilitation du bâtiment, la façade sera redessinée en 1757 par Laurent  Alexandre Vallon, et par héritage de sa mère, Irène de Fonscolombe, à Gaston de Saporta.
     Actuellement il est occupé par l’Institut de Management Public et de gouvernance territoriale de l’Université Paul Cézanne.

N° 23 – Hôtel Maynier d’Oppède
Les Maynier d’Oppède étaient les propriétaires du bâtiment de 1490 à 1730. Dans sa forme actuelle l’hôtel date de 1757 et c’est Georges Vallon et J.P. Chastel qui ont oeuvré à sa reconstruction.
Affecté à l’Université depuis 1846 - une grande partie a été occupée jusqu’au début du 21ème siècle par le dépôt d’Aix des Archives Départementales. En cours de rénovation.

Sources : Recueil édité pour les Journées du Patrimoine  2003 et 2007 

lac N1
Le lac d’Aix

Lorsque Gaston de Saporta commence à s’intéresser aux empreintes végétales trouvées au quartier des Plâtrières au Nord-Ouest d’Aix, il y a peu de temps que les géologues ont distingué les grandes unités qui façonnent les paysages des environs d’Aix.
 

Il est un des premiers à tenter de recons- tituer une situation d’autrefois : un lac de 20 kilomètres sur 15 environ dominé à l’est par une montagne (la Sainte Victoire) et jusque vers les argiles (Les Milles).
L'étude du lac oligocène a conduit Gaston de Saporta à découvrir une flore de région plus chaude avec des espèces comparables aux formes actuelles d'Australie, du continent africain ou des îles Canaries.

Mais en se rapprochant de l'époque actuelle, on constate que certaines espèces ne se retrouvent plus qu'au delà de la Méditerranée, tandis qu'une végétation venue du nord s'installe.

lac N2Il note les niveaux et constate que les lits les plus riches en végétaux sont ceux sur lesquels repose immédiate- ment la couche de gypse la plus inférieure et ceux qui s’appuient sur elle. C’est en explorant les lits inférieurs des gypses exploités qu’il a recueilli la majorité des empreintes décrites.

Il dresse la liste des espèces et arrive au chiffre de  499 dont 459 végétaux détermi- nés et classés, et 40 incer- tains. C’est la flore la plus nombreuse alors signalée à l’état fossile provenant d’un même lieu et appartenant à un seul niveau.

Parmi ces plantes il cite le palmier éventail (espèce dis parue), beaucoup de conifères, des thuyas, des bananiers, des dragonniers et autres arbres de Judée espèces dénotant une saison chaude ; mais aussi des aulnes, des bouleaux, des saules et peupliers assez peu éloignés de ceux que nous avons sous les yeux.

« C’est à l’aide de débris, en apparence informes que la paléontologie a accompli ces merveilles. Mais ces vestiges, les gens du monde, même les plus instruits ont d’abord quelque peine à en comprendre le sens. Ce sont les phrases éparses du vieux livre de la nature. Si l’on s’attache à les déchiffrer on oublie bien vite la singularité des caractères et le mauvais état des pages. La pensée se lève, les idées se développent, le manuscrit se déroule ; c’est la tombe qui parle et livre son secret ».
Gaston de Saporta : Le Monde des Plantes p. 154.

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L’exploitation du gypse à Aix

Depuis toujours des blocs tirés des couches supérieures ont été utilisés pour bâtir la ville. Dès le 14ème siècle au moins on a aussi exploité des couches de gypse, les fours de cuisson à la sortie des mines ont imposé le nom du lieu « Les Plâtrières ».

Au nord-ouest de la ville, un relevé le long de la route d’Avignon distingue 47 couches superposées sur une épaisseur de 80 mètres. Ces couches sont désignées souvent par les noms donnés par les carriers : il y a « les cagnards » en calcaire dur, « leis blanques » marnes à cassure terreuse,  « laouvo tendro » pierre feuilletée.



Le gypse est exploité sur deux niveaux, et les galeries qu’il faut creuser pour les atteindre à 15 ou 25 mètres de profondeur. Le gypse est extrait par tranchées avec pic et transporté ensuite au dehors avec des cabas et des paniers, comme dans les mines de lignite de la région, on descend par des escaliers, les hommes abattent la roche au fond et les enfants assurent le transport vers la surface.

Les fours à cuisson sont au débouché des escaliers.

Sources :
« Défricheurs d’Inconnu » Livre de M. André Bailly
    « Encyclopédie des Bouches-du-Rhône »

Les plâtrières d’Aix

Les niveaux fossilifères de la série Oligocène d'Aix affleurent largement dans toute la partie nord de l'agglomération.
Les affleurements les plus importants se trouvent dans le quartier dit des Plâtrières  (2 kilomètres du centre-ville, accès par la route nationale 7) à l'est et au sud d'une petite butte calcaire occupée par l'hôtel - restaurant " Le mas d'Entremont " .


   Les pièces les plus importantes, aujourd'hui conservées dans les musées d'histoire naturelle d'Aix et de Marseille, proviennent des anciennes exploitations de pierre à plâtre fermées au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. La plupart des entrées des galeries ont été murées, certaines cependant sont encore accessibles (accès très dangereux) à partir du talus herbeux qui surplombe au nord l'intersection Rocade / RN 7. Ces galeries, souvent effondrées, entament les niveaux dits " marnes cartons " à Notonectes . Plus au sud, le long de la RN 7, et de part et d'autre de celle-ci, dans les parages de la caserne des sapeurs-pompiers (lieu-dit  "La Chevallière ") on peut observer dans le talus de la route d'importants affleurements de calcaires papyracés.
Sources : Internet  - Nouvelles pages 43 – Les oeufs de dinosaures – Dinosauria Veterovata – Les  oeufs fossiles de dinausaures du Crétacé supérieur du Bassin d’Aix en Provence (Bouches-du-Rhône) – Itinéraires paléontologiques en Provence


Ses principales publications

Saint-exupéry1863 - Sur le rôle des végétaux à feuilles caduques dans les flores tertiaires et spécialement dans celle du gypse d’Aix.
1868 - Caractères de l’ancienne végétation polaire
1869 - Revue des Deux Mondes : L’école transformiste et ses derniers travaux.
1876 - Etude sur la vie et les travaux d’A.Brongniart
1879 - Le Monde des Plantes avant l’apparition de d’homme
1881-85 - L’évolution du monde végétal
1888 - Origine paléontologique des arbres cultivés ou utilisés par l’homme
1894 - La flore du Portugal



Sources : Archives Communales Aix – Muséum d’Histoire Naturelle – Aix  - Internet
Ouvrages consultés : Encyclopédie des Bouches-du-Rhône, Défricheurs d’Inconnu de M. André Bailly, Recueils des JDP années 2003 et 2007- Publications de la Ville

Recherches : Michèle Renoux - Régis Cuisinier - Huguette Garrido
Réalisation du panneau : Régis Cuisinier

Activités de l'antenne aixoise de l'AG.13


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panneau de l'exposition




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