plaqueLuc de CLAPIERS,

 Marquis de VAUVENARGUES

  (1715 - 1747) 

Ecrivain et Moraliste





portraitSa vie

Il est né à Aix le 5 Août 1715, au N° 26 de la rue qui porte son nom, et a été baptisé le 6 Août dans l’Eglise Saint-Sauveur..

Il est le fils aîné de Joseph de Clapiers, seigneur de Vauvenargues, et de Marguerite de Brémond.

Son père avait été premier consul d’Aix lors de la peste de 1720 ; il s’y dévoua si bien que le Roi, en récompense de ses services, érigea sa terre de Vauvenargues en marquisat en 1722.

AN

Luc de Clapiers vécut près d'Aix, plus précisément à Vauvenargues, dans l’austère château paternel jusqu'à ses vingt ans une vie sans joie.

Malgré une santé très délicate, il entre au service du roi en 1735, pour faire une carrière militaire qui ne lui réserve que déceptions et souffrances. Il fait la campagne d'Italie comme sous-lieutenant au régiment du Roi.

Le 2 mars 1742 Vauvenargues arrive à Prague où le régiment du Roi a rejoint l’armée de Bohême du maréchal de Belle-Isle, qui a pris la ville le 26 novembre 1741. Vauvenargues sera nommé capitaine le 23 août 1742. La campagne de Bohême se solde par une retraite hivernale, en marches forcées, durant laquelle Vauvenargues aurait eu les jambes gelées.

Il tente, en vain, une carrière diplomatique. En effet, le 8 avril 1743, Vauvenargues écrit au Roi pour solliciter de servir "auprès de sa personne, n’importe dans quel emploi". Mais c’est un poste dans la diplomatie qu’il espère. Pas de réponse.

Il participe à la bataille de Dettingen (27 juin 1743).

arbre

  

Nouvelle lettre au Roi le 12 décembre 1743 : toujours pas de réponse. Le 14 janvier 1744, Vauvenargues démissionne de l’armée. C’est alors qu’il va être défiguré par la petite vérole et perd presque la vue.

Il se fixe à Paris en 1745 pour se faire homme de lettres.

Néanmoins, à la nouvelle de la rentrée de l’armée Austro-Sarde en Provence, Vauvenargues désire se mettre au service de sa province avec les troupes levées sur place par le Parlement (lettre du 24 novembre 1746), mais le maréchal de Belle-Isle ne souhaite pas engager les troupes autochtones.

Vauvenargues vécut pauvrement à Paris et mourut prématurément à l’âge de 32 ans  le dimanche 28 mai 1747. Il est inhumé à Paris le 29, dans l’église de St-Côme-St-Damien. Le bâtiment sera détruit lors du percement du Boulevard Saint-Michel et la sépulture de Vauvenargues, perdue.

oeuvres  

Ses amis

A Paris, il ne fréquente que ses amis, Mirabeau, Marmontel et Voltaire. Ses critiques sur Corneille et Racine alimentent son amitié avec l'auteur de  'Candide'. C’est le début d’une amitié fondée sur une grande admiration mutuelle.

C'est d'ailleurs Voltaire qui, le 3 avril 1745, lui propose de venir s’installer à Paris. Vauvenargues s’y rend à la mi-mai.

Il fréquente aussi d’Argental, Bauvin, Cideville, Le Clerc de Montmercy.

Il présente, sans succès, son Discours sur l’inégalité des richesses au concours d’éloquence de l’Académie française.

Il loge rue du Paon dans le faubourg Saint-Germain. C’est là qu’il prépare le manuscrit de l’Introduction à la Connaissance de l’Esprit Humain dont l’approbation date du 28 septembre 1745. D’autres pièces en complément, des Paradoxes mêlés de Réflexions et de Maximes, recevront leur approbation le 22 janvier 1746; l’ouvrage paraîtra au mois de février. Comptes-rendus favorables en février dans le Journal des Savants, en mars dans le Mercure, puis en mai - et plus longuement en janvier 1747 - dans le Journal de Trévoux; article également dans l’Observateur littéraire de Marmontel et Bauvin.

Voltaire écrit à Vauvenargues : "J’ai crayonné un des meilleurs livres que nous ayons en notre langue, après l’avoir relu avec un extrême recueillement" (13 mai 1746).

Le 18 janvier 1747, Vauvenargues écrit à Saint-Vincens: "Un mal au pied qui m’empêche depuis longtemps, de me tenir vis-à-vis de ma table pour écrire, a été cause, en partie, de mon silence"; le 11 février (au même): "Vos lettres ont été ma consolation depuis que je garde ma chambre. Je ne me flatte pas encore de sortir de si tôt, car il n’y a aucun changement à mon engelure; la plaie est toujours de même, et l’os fort gonflé. Le défaut d’exercice influe sur ma santé; je ne digère point, et je suis plein d’humeurs qui se portent sur ma poitrine, et irritent ma toux"; le 10 mars (au même): "Il y a deux mois et demi que je garde ma chambre".


délibération



Son oeuvre


Vauvenargues avait pris l’habitude de jeter quotidiennement sur le papier quelques notes, qui firent de lui l’une des grandes figures morales de son siècle. Ces réflexions prirent leur forme définitive dans l' “Introduction à la Connaissance de l’esprit Humain ” publié de son vivant, suivie de Réflexions et  Maximes, à Paris, février 1746, chez Antoine-Claude Briasson. L’ouvrage sera republié, en 1747, quelques semaines après sa mort, avec de nombreuses modifications textuelles (dont toutes ne sont peut-être pas de la main de Vauvenargues). 

     

Le reste de l’œuvre, qui ne sera essentiellement connu qu’au XIXème siècle, consiste en plusieurs courts écrits, Dialogues, Traités ou Discours (presque tous de moins de vingt pages), des réflexions sur divers sujets, des réflexions critiques sur quelques poètes et sur les Maximes de La Rochefoucauld, des Caractères, et de nombreux fragments, réflexions et maximes…(“Réflexions sur Divers Sujets”, “Conseils à un jeune Homme”, “Caractères et Dialogues”)  Ces écrits, que Vauvenargues n’avait pas organisé sous forme d’ouvrages, ne sont pas datés, pour la plupart, et l’on ne sait pas non plus quels sont ceux qui étaient destinés à la publication.

     

Dans Introduction à la Connaissance de l’Esprit Humain, le Discours Préliminaire expose un projet de conciliation des différentes vérités déjà découvertes qui, dépouillées des erreurs dont elles sont mêlées, devront former un "corps de raison(s)" ou de principes. Car ce qu’il importe avant tout de connaître, ce sont les choses qui ont, avec nous, "les rapports les plus nécessaires". Et c’est alors par l’étude de soi-même et par celle "des hommes" (qui sont, dit Vauvenargues, "l’unique fin de mes actions et l’objet de toute ma vie") que l’on peut aborder ce qui nous importe le plus pour agir dans le monde: la Morale, la Politique et la Religion. Il s’agit alors de reconstruire de la vérité totale ("tout entière et distincte", dira par ailleurs Vauvenargues) à partir des idées parcellaires. 

     

Pour cela il faut "remonter des conséquences jusqu’à la hauteur des principes". Car c’est la connaissance des principes qui permet la reconstitution des vérités entières en expliquant la nécessité de ce qui n’a été perçu que partiellement, voire partialement.

Esprit de clarté, de rigueur, et s’exprimant au moyen de formules frappantes, colorées par des images à la fois discrètes et pénétrantes, Vauvenargues résumait; en vantant les mérites supérieurs de l’instinct et de sentiment; les contradictions du siècle des Lumières et les tentatives faites pour les dépasser.

En dépit des afflictions qui le frappèrent, il reste un auteur lucide et d'une grande noblesse d'esprit.

 château
 

Vauvenargues prône le culte des grandes passions, l'amour et l'amitié, persuadé que l'instinct de l'homme, quand la raison et le cœur le guident tour à tour, est orienté vers le bien. Sa personne a marqué ses proches tout autant que son œuvre, en raison de sa noblesse de cœur et de son courage, qui se sont heurtés à l'adversité et à la souffrance.

« C’est un malheur que les hommes ne puissent d’ordinaire posséder aucun talent sans avoir quelque envie d’abaisser les autres »

« Ce qui fait qu'on goûte médiocrement les philosophes, c'est qu'ils ne parlent pas assez des choses que nous savons »


Le château

A l'extérieur du village de Vauvenargues, autrefois petit bourg fortifié qui portait le nom de Sambuc, niché dans la verdure, se dresse le château de Vauvenargues qui semble surveiller l'entrée de la vallée. Ses deux tours  rondes et sa tour-porte carrée à mâchicoulis remontent au XIVe et son enceinte au XVIe. En 1722, Louis XV l'offrit pour bons et loyaux services rendus pendant la peste de 1720 à  Joseph de Clapiers.
En 1958, le château acquit sa renommée lorsqu'il devint la propriété du peintre Pablo Picasso. Le peintre est enterré dans le parc, en compagnie de sa femme.

 

Sources :

- Archives communales                              
- Le Courrier d'Aix    
- Extrait de Ph. Berthelot                 
- Les rues d'Aix : A. Roux-Alpheran         
- Bibliothèque Méjanes                              

- www.web-provence.com
- www.aixenprovencetourism.com
- www.dicocitations.com
- www.vexil.prov.free.fr
- www.geneprovence.com
- www.evene.fr
- Marcelle CHIRAC  « Aix-en-Provence à travers la littérature française – de la chronique à la transfiguration », 1978, Tome 1 et 2.

Auteur du panneau :  Manuela ALU

Activités de l'antenne aixoise de l'AG.13


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